En finir avec le diktat du diététiquement correct

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Vous avez pu remarquer que je refuse d’adhérer aux idées toutes faites, si je ne suis pas convaincue de leur bien-fondé.
Il en va de même avec le discours du PNNS (Programme National Nutrition Santé), auteur du fameux Mangez-Bougez et autre « 5 fruits et légumes par jour ».


On pourrait me rétorquer que les recommandations de cet organisme national sont simplement un juste rappel en ces temps troublés, où l’obésité ne cesse de progresser, les enfants de devenir de plus en plus gros et les maladies cardio-vasculaires de se  multiplier.

Certes.
Cependant, je ne peux m’empêcher de remettre en cause l’impact et l’efficacité de ces campagnes culpabilisantes dédiées à la « rééducation » des masses dans leur façon de manger.
Je ne m’étendrai pas sur la confusion que le message peut créer, comme le site Legorafi.fr l’a laissé entendre avec cette histoire de l’hospitalisation  d’un garçon de 11 ans : sa mère lui aurait donné à manger 2 pastèques et 3 citrouilles (!!!).
Bien entendu, un tel manque de bon sens paraît peu crédible. Je n’ai pas réussi à déterminer si l’information est un hoax ou non. Quoi qu’il en soit, si cette histoire est vraie, loin de moi l’idée de fustiger la mère qui a sans doute voulu bien faire.
Nombreux sont ceux qui sont dans la confusion à cause du manque de clarté de cette campagne « d’information ».

Par ailleurs, ce discours introduit la notion de bien et de mal, de tabou et de correct. Il pousse à porter à son alimentation une attention forte, empreinte d’inquiétude et de culpabilité (« je n’ai pas mangé assez de légumes aujourd’hui », « je n’ai marché que 20 minutes », « ma portion de pâtes était trop importante » etc, etc…).
Ainsi, j’ai vu des gens se forcer à manger une pomme alors qu’ils n’avaient plus faim, pour atteindre le quota. Ces gens, voulant bien faire, ont finalement trop mangé. Et c’est quand on mange trop qu’on grossit.

On veut rééduquer les gens mais sans s’attaquer aux causes réelles du surpoids.
Croyez-moi, les gens ne grossissent pas parce qu’ils restent vautrés sur leur canapé en mangeant des bonbons toute la journée, ce serait trop simple (au passage, il serait bon aussi d’en finir avec le cliché du gros sans volonté, tout mou, mais ce n’est pas l’objet, nous y reviendrons certainement une autre fois).
Et  c’est souvent en se déconnectant de leur corps pour écouter les sacro-saintes règles de la diététique, que les gens prennent du poids.

Alors, le PNNS nous annonce avec beaucoup de fierté que le nombre de personnes obèses augmente moins vite ces dernières années. C’est à dire que l’obésité ne recule pas. Non, elle progresse, mais moins vite.
Suis-je totalement ingrate de trouver ça peu au vu des sommes énormes investies dans ces campagnes (et financées par nos impôts) ?

4 comments

  1. MiMax dit :

    Marjotte, si tu voyais ce qu’ils font apprendre à nos enfants ici à l’école… Ils ont même des évaluations sur le programme alimentaire.
    J’en pleure… et je me dis que nombre de ces enfants seront des mangeurs dérégulés.

    • Marjotte dit :

      C’est terrible comme parfois on marche sur la tête.
      Alors que des ateliers de découverte du goût, par exemple, ce serait beaucoup plus approprié !!!

  2. Yvan dit :

    Faut-il mieux manger 5 portions de fruits/légumes gonflés aux pesticides et qu’on a fait poussé en culture hors sol (fraise d’andalousie, tomate océane de nos régions … euh pardon de nos serres régionales) qu’une seule portion de fruits/légumes bio ou de son jardin ?

    Bises Marjotte et merci pour ces petits billets teintés d’humour et d’impertinence !
    Longue vie à la Bulle !

  3. Jo dit :

    Non au gluten !!!
    Le gluten, c’est tabou ! On en viendra tous à bout ! 😉

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