Le mal du travail

J’écoutais deux collègues se plaindre d’un troisième collègue et de sa constance à vouloir faire faire son travail par les autres.
Il mettait autant d’effort pour se décharger de ses tâches qu’il en aurait eu besoin pour effectivement faire son boulot.
Il ne s’agissait donc pas de paresse ou d’inertie. C’est réellement un problème d’envie, de motivation et d’enthousiasme par rapport aux tâches qui lui sont assignées.

Motivation...

Motivation…

 

En creusant un peu, je me suis rendue compte que j’étais là, face à un phénomène courant.
Et je me suis dit que c’était sans doute là la plus grosse maladie du monde du travail tel qu’il est actuellement.

Dans les nombreuses entreprises où je suis passée, j’ai systématiquement retrouvé des gens désabusés, démotivés, sans envie ni enthousiasme. Pas tous, fort heureusement et je connais des tas de gens qui aiment ce qu’ils font.
Mais j’ai le sentiment (et ça n’engage que moi) que l’insatisfaction se fait de plus en plus forte.

A ce phénomène, j’ai trouvé deux explications qui ne sont sans doute pas les seules.

D’abord, il y a l’intérêt de ce qu’on fait. On enferme les gens dans des cases, en fonction de leurs études, de leur expérience passée, de leur compétence.
Mais on oublie de se pencher sur ce qui les intéresse, ce qui les motive, ce qu’ils ont envie.

Ce n’est pas parce que ça fait 10 ans qu’on fait un métier qu’on a forcément envie de continuer à faire la même chose.
On peut s’être lassé, on peut n’avoir jamais été épanoui, on peut avoir évolué à titre personnel.

Et ce n’est pas parce qu’on a jamais occupé un poste qu’on y sera forcément mauvais.
Certes, il y aura besoin d’un temps d’adaptation, de montée en compétences, de formation. Mais si l’envie, la motivation sont présentes, tout le monde est capable d’acquérir techniques et compétences.
Et même quand la personne a une démarche volontaire de réorientation, elle se heurte à de nombreuses barrières, des entreprises réticentes, et même un entourage parfois peu encourageant.

La deuxième cause de frustration et démotivation est la façon dont les employés sont souvent peu considérés.
Ils ont peu de perspective d’évolution (que ce soit en terme de salaire ou de fonction).
Alors, il est évident que les entreprises touchées par la crise ne peuvent pas se permettre d’augmenter largement leurs employés. Mais, avec l’inflation, on en arrive à des situations où le pouvoir d’achat régresse d’années en années alors que l’expérience et les compétences augmentent (c’est mon cas).

Le manque de reconnaissance de l’investissement des employés pousse à ne plus s’investir, sans parler des décisions qui peuvent être prises sans consulter la personne concernée.

Nous avons tous des qualités, des secteurs et des sujets qui nous intéressent plus, des choses que nous faisons et dans lesquelles nous sommes bons.
Et ces qualités peuvent être utilisées en entreprises. Mais pour cela, il faudrait changer la mentalité globale du monde du travail, sortir de ce système de management qui sanctionne plutôt que de valoriser.

Sur le long terme, les entreprises auraient tout intérêt à se préoccuper des sources de motivation de leurs salariés plutôt que de leurs compétences, car un employé enthousiaste sera plus impliqué et plus consciencieux, mettra une meilleure dynamique dans l’équipe, s’investira plus.

Il fera un meilleur boulot.

2 comments

  1. fotedortograf dit :

    C’est là que Google a tout compris ! Un employé heureux de venir travailler est le meilleur des employés. Il faut parfois juste un peu d’écoute, de reconnaissance et de bien être. Effectivement le salaire ça joue mais je ne suis pas certain que ça soit le plus gros problème. Il y aurait beaucoup a dire sur le monde du travail…^_^

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *